TRIBUNE D’AURÉLIE GROS : UNE NATION « BLEU VERT ROUGE »

UNE NATION « Bleu Vert Rouge »

Donc c’est décidé, nous allons tirer tous les enseignements de la crise planétaire que nous traversons?
Et réinventer notre modèle de développement ?
Vraiment?
On aimerait y croire en ce 1er mai, alors que tout parait bien calme -on le sait nos équipes de soignants livrent à la même heure un combat acharné contre le virus- et propice à la réflexion à dix jours de la sortie annoncée du confinement.
La France s’apprête à vivre au rythme du classement de ses départements en « vert » ou en « rouge ». Peut-être une bonne idée pour revoir de fond en comble nos priorités, à commencer par notre système de santé, nos services publics de proximité et l’ensemble des biens communs essentiels à l’avenir de nos enfants et à la préservation de la planète.
C’est dans cet esprit en tous les cas que nous avons choisi de mobiliser notre réseau de citoyens et de contribuer nous aussi à hiérarchiser les priorités et co construire les solutions.
En quelques semaines nous avons beaucoup appris de notre pays et de ses habitants, de l’état de notre société et de nos institutions.
Des aspects tantôt sombres, tantôt lumineux :
un pilotage centralisé mis en sérieuse difficulté dans sa capacité d’anticipation et de réaction, des responsables politiques bien en peine de reconnaître leurs erreurs passées, un système médiatique qui transforme chacun en expert d’un jour… Et finalement le sentiment répandu que le gouvernement a tardé à dire la vérité.
Mais aussi un service public réhabilité au travers de ses serviteurs de la première ligne, une mobilisation citoyenne « à l’arrière » qui ne se dément pas, une transparence désormais à l’œuvre dans la communication. Et finalement une capacité de résilience exceptionnelle, en particulier chez nos enfants vivant une « drôle de guerre » qu’ils ont l’espoir de voir finir sur une victoire.
De tout cela nous sommes collectivement comptables.
En tant qu’élus de terrain, notre feuille de route est toute tracée, à l’écoute de la population, autour de biens publics d’intérêt général, l’éducation, la santé, la culture, l’agriculture, les politiques sociales et en consentant des investissements productifs pour le développement économique, l’offre touristique et de loisirs, à rebours de la spéculation.

Loin des grandes postures démagogiques, nous devrons donc donner un sens concret à la formule « plus rien ne sera comme avant ».
Au terme de nos concertations, nous soumettons trois directions de travail, issues aussi bien des travaux antérieurs de notre mouvement que des retours au quotidien depuis le début de la crise :
-Notre République doit être mieux organisée à partir de ses territoires, sans pour autant que le pacte qui fonde la nation ne s’en trouve délité.
C’est pourquoi nous pourrions clarifier enfin les pouvoirs de chaque collectivité, identifier les moyens dont elles disposent et les articuler les unes aux autres dans une complémentarité de leurs missions, pour en terminer avec une tutelle infantilisante de l’Etat.
-Notre République doit accueillir la société civile au cœur de la fabrication de la décision publique. C’est pourquoi nous devrons créer une représentation directe, un « ministère des citoyens » comme je l’ai proposé, une troisième chambre ayant pour vocation de représenter les Français dans toute leur diversité, capables, comme le montre l’exemple de la Convention sur le climat, d’une belle hauteur de vue.
-Notre République doit affirmer haut et fort sa confiance dans sa jeunesse et ses enfants, ils démontrent aujourd’hui leur maturité dans une crise qui les touche peu et pour autant leur demande de réels sacrifices. La France a rarement dans son histoire pris la décision de confier des responsabilités à ses plus jeunes citoyens ; ce fut le cas au lendemain de la première guerre mondiale ou encore avec l’avènement du CNR, mais resta de courte durée. Je propose l’organisation d’une réflexion nationale pour une nouvelle avancée : consacrer l’exercice d’une citoyenneté pour les plus jeunes à l’occasion des débats majeurs à venir pour l’avenir de la planète.

Territoires respectés, Citoyens associés, Jeunes écoutés et mieux reconnus.
Et si cela dessinait les traits et les couleurs de notre République au sortir de cette crise sans précédent ?

PROGRAMME DE TRAVAIL 2020 LA FRANCE VRAIMENT

PROGRAMME DE TRAVAIL 2020 MODFIÉ

Lors de la réunion de bureau de janvier dernier, nous avons adopté un programme de travail adossé aux demandes de nos antennes départementales et aux propositions de nos partenaires.

Au regard de la situation de crise que vit le pays, nous avons souhaité le modifier :

-Label « Territoires engagés pour la citoyenneté, Vraiment! »

Les mois de janvier et février ont été l’occasion de nombreuses signatures de Labels accordés aux villes ou aux listes candidates aux élections municipales qui souhaitaient s’engager dans la démarche et ont produit un projet de mandature axé sur la démocratie participative. Ce programme de travail est prolongé jusqu’aux prochaines élections dont la date n’a pas encore été fixée. Les candidatures au Label sont donc rouvertes.

-Vigies de l’inclusion

Le groupe de travail consacré à l’élaboration d’un rapport portant sur la mise en oeuvre en France d’une politique d’inclusion des enfants en situation de handicap prolonge son agenda pour prendre en compte les spécificités de la période actuelle de confinement.

-Nos enfants face à la crise du Covid19

Un groupe de travail a été créé à l’amorce de la période de confinement en France pour permettre une remontée de la situation particulière vécue par les enfants et les adolescents pendant la crise sanitaire mondiale. Un questionnaire sera élaboré afin de recueillir leur ressenti mais aussi leur point de vue concernant la crise, ses causes et plus largement leur implication citoyenne dans le « monde d’après ». Des analyses et solutions de terrain seront regroupées dans un document disponibles aussi bien pour les familles, les élus locaux et les décideurs nationaux.

Les autres objectifs en terme de développement du mouvement restent inchangés.

Paris le 17 Avril

AG/SP

DESSINE MOI UN MOUTON/ APPPEL AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

,
Aurelie Gros Présidente LFV

DESSINE-MOI UN MOUTON
(Protégeons nos enfants face à la crise du Covid19
/Appel au président de la République)

Conséquence inattendue de la crise sanitaire mondiale, les agneaux sont laissés en vie cette année à Pâques.
Une génération de jolies bêtes frisées qui va gambader dans les prés, leur vie épargnée par le confinement. De beaux moutons en perspective…
Belle métaphore aussi pour une génération de 3 à 25 ans qui sera tout à la fois frappée de plein fouet par une pandémie qui met à terre une partie du monde dans lequel elle a commencé à grandir, et libérée ou privée, c’est selon, durant plusieurs mois du «système éducatif» dans son ensemble au profit d’un cluster familial idéal, utopique ou infernal, c’est selon.
Pourtant, on peut prédire sans trop se tromper, qu’elle ne donnera pas de simples « moutons ».
Le prédire ou l’espérer, et même et surtout le préparer.

C’est tout le sens de notre appel.

L’impact sur nos enfants de cette crise sera de grande ampleur, au plan sanitaire, peut-être pas, mais assurément au plan affectif, psychologique, de celui de leur prise de conscience brutale du monde « malade » dans lequel ils vivent et vivront si rien ne change et partant de là de leur conscience citoyenne en germe, de leur citoyenneté naissante tout simplement.
Enfants et parents attendent donc de la Nation et de ceux qui sont à sa tête, une attitude à la hauteur de ces enjeux.
Les semaines de confinement encore à venir, la perspective d’un retour à l’école, à l’université, qui s’éloigne, la prise en compte différée des inégalités socio-culturelles criantes ou en lien avec les situations de handicap, le soutien aux parents ou aux enseignants en difficulté dans ce contexte, la recrudescence des violences intrafamiliales, le soutien aux associations et aux professionnels qui accompagneront ces situations, tout cela mérite le déclenchement d’une coalition mondiale comme l’a annoncé l’Unesco et sa présidente Audrey Azoulay.

Nous demandons de même au président de la République, des annonces fortes en ce sens.

Pour notre part, nous proposons de mobiliser les collectivités territoriales dans le cadre d’un Pacte national pour l’enfance, afin de s’assurer d’un suivi dans la proximité.
Sans une prise de conscience de ce défi, nul avenir durable ne peut être construit.

Dessinons un autre avenir à nos enfants.
Alors que des citoyens s’apprêtent à présenter au Conseil économique et social des propositions ambitieuses en matière de lutte contre le réchauffement climatique, ne faisons plus comme si nous n’avions pas compris le message et l’avertissement de la planète :
Refondons notre modèle de développement, faisons confiance à l’initiative et aux solidarités des territoires, laissons émerger une nouvelle citoyenneté active et responsable.

Aurélie GROS et l’ensemble des membres du Mouvement
LA FRANCE VRAIMENT, Le ministère des Citoyens

LA CRISE ET LE CHOC, la réaction d’Aurélie Gros

L’image contient peut-être : Aurelie Gros, texte

LA CRISE ET LE CHOC
S’il fallait un signe de plus de la gravité de la crise sanitaire que nous vivons, du choc que nous subissons et de la tempête économique dans lequel nous sommes entrés, il nous est donné par l’aéroport d’Orly qui ferme ses portes ce soir, la première fois depuis son ouverture au grand public dans les années soixante.
C’est évidemment un événement pour le pays et l’île-de -France compte tenu des dizaines de milliers d’emploi qui sont en jeu.
Passée notre stupéfaction devant l’avancée inexorable et planétaire de la pandémie, la bataille sanitaire fait rage, elle est menée par nos équipes de soignants, admirables d’abnégation au regard du risque qu’ils prennent; ils sont soutenus à bout de bras par les professions dites « essentielles », et par la pensée, pour la majorité des français, bien malheureux de ne pouvoir faire plus.
Tout ceci dessine une distribution des responsabilités pour chacun d’entre-nous et il convient d’être à la hauteur dans ce « conflit » sans précédent.
Partout des équipes municipales se tiennent à disposition et font preuve d’écoute,  puisque j’en ai le compte rendu quotidien, et que chacun sait pouvoir compter sur eux et plus encore dans ce moment difficile.
Les équipes départementales, partout en France sont sur de nombreux fronts, accompagnent le secteur médico-social, les équipes des Ehpad,la continuité pédagogique etc., distribuent des masques et des matériels d’urgence et assurent le soutien des services de secours.
Celles des régions, œuvrent jour et nuit pour accompagner les entreprises, les commerçants, les professionnels de santé (avec une commande de masques et matériels massive directement passées par les régions ), les lycées, les associations… 

Nous pouvons être fiers du dévouement de nos collectivités territoriales. Tout comme des initiatives citoyennes qui fleurissent un peu partout, dans le respect strict bien entendu des mesures et gestes barrières.

Viendra ensuite et bien assez tôt, le temps de tirer le bilan de cette « lutte » sans précédent menée par les françaises et les français dans leur ensemble, en tant que nation et aux côtés de leurs voisins européens, eux aussi face aux mêmes défis.
Vous êtes nombreux à vous exprimer sur le sujet, les réseaux sociaux tournent à plein et les contacts quotidiens avec mes amis de La France Vraiment montrent à quel point, une fois l’épidémie repoussée, nous aurons besoin collectivement de réinterroger notre modèle de développement et ses valeurs.
Il sera alors urgent d’inventer une nouvelle hiérarchie des priorités, écologiques, humaines et entrepreneuriales et de donner aussi toute son ampleur à l’intelligence citoyenne.

Aurélie GROS, présidente

Municipales 2020 : un label pour garantir une vraie démocratie participative!

Un label pour garantir une vraie démocratie participative lancé à l’occasion des élections municipales 2020 :Le mouvement La France Vraiment, présidé par Aurélie Gros, elle-même candidate au Coudray-Montceaux, a lancé un label « Territoires engagés pour la citoyenneté vraiment ! ». En Essonne, une ville et trois candidats l’ont obtenu.
Aurélie Gros, présidente de La France vraiment, a lancé un label pour les élus qui s’engagent en faveur de la démocratie participative. 

Par Sébastien Morelli

Le 4 mars 2020 à 16h05

Pour ces élections municipales, le thème de la démocratie participative est très à la mode. Pas une liste qui n’en parle dans son programme… même si c’est souvent de façon vague. Dès la rentrée 2019, Aurélie Gros, conseillère régionale et départementale (DVD), a lancé avec son mouvement La France Vraiment, un label intitulé « Territoires engagés pour la citoyenneté vraiment! ». Une dizaine de listes ou de villes y ont d’ores et déjà adhéré en France, à Carcassonne, Marseille, Perpignan, Paris (7e), Montpellier… et une cinquantaine de candidatures ont été déposées. En Essonne, la ville de Saulx-les-Chartreux a signé ainsi que des candidats de Dourdan, Morangis et au Coudray-Montceaux.
DES CONTRÔLES EN COURS DE MANDAT
Pour cela, ils ont dû remplir un dossier de candidature qui est un véritable engagement. « Chaque dossier est analysé par notre bureau. L’attribution du label n’est pas automatique », prévient Aurélie Gros. Les candidats doivent faire des propositions concrètes sur la gouvernance qu’ils sont prêts à mettre en œuvre « pour favoriser l’engagement et la responsabilité des citoyens », les « conditions d’élaboration des conditions publiques mises en place pour contribuer à la reconnaissance d’analyses et de solutions citoyennes », et préciser par quels moyens ils comptent « développer un volet démocratie participative dans l’action publique : personnel, fonds, formations, évaluations ? ».Des contrôles en cours de mandatIls devront ensuite, au cours de leur mandat, se soumettre à des contrôles. Car si les engagements ne sont pas respectés, les villes perdent le label. « Nous voulons agir auprès des collectivités territoriales afin de changer leur façon de faire de la politique. Les citoyens attendent un engagement sérieux, avec une méthode », soutient Aurélie Gros, qui en tant que candidate à la mairie du Coudray-Montceaux, y souscrit.
« PLUS QUALITATIF QUE LES TRADITIONNELLES INVESTITURES
À Dourdan, le candidat Fabrice Baron (SE), s’est engagé. « Nous faisons du porte à porte et des réunions d’appartement depuis un an pour entendre les préoccupations de nos concitoyens et tenter d’y répondre. Nous avons fait une restitution de ces rencontres et distribué un compte rendu aux habitants avec la vision de ce que l’on souhaite faire après les avoir entendus, explique-t-il. L’écoute est la base de notre programme. » Outre cette démarche, il promet, s’il est élu, des concertations régulières sur les projets, des conseils de quartiers mais aussi des invitations à des habitants tirés au sort, « pour ne pas voir toujours les mêmes, allez chercher ceux qui ne viennent pas aux réunions. » Ce label « de qualité », il le met en valeur sur ses documents de campagne, de même que le label « Sauvons l’Europe ». « C’est beaucoup plus qualitatif que les traditionnelles investitures, et c’est transpartisan », estime le candidat.Dernière à avoir obtenu le label le 26 février dernier, Brigitte Vermillet (DVD), candidate à Morangis, souhaite installer, en cas de victoire, des conseils de citoyens, « quatre groupes par tranches d’âges, pour partager des idées, identifier des besoins. Ces groupes pourront intervenir au conseil municipal », précise-t-elle. Elle souhaite également « revitaliser les conseils de quartiers en y faisant venir ceux que l’on entend jamais », créer un conseil municipal pour les collégiens et lycéens, créer une ligne « Allô madame le maire » et maintenir le budget participatif de 150 000 €. « Chaque année, nous évaluerons ces dispositifs », promet la candidate.

 

INTERVENTION D’AURELIE GROS, PRESIDENTE DU MOUVEMENT LA FRANCE VRAIMENT SUR LCI le 6/08/2019

Aurélie Gros, Vice-Présidente du département de l’Essonne et Présidente de notre mouvement, a été invitée sur le plateau du débat politique de la chaîne LCI aux côtés de Philippe Latombe, Philippe Rio, et Jean Messiha afin de décrypter l’actualité de la matinée du 6 août 2019.

Au programme des thématiques abordées : la mort du maire de la commune de Signe située dans le Var, Jean-Mathieu Michel renversé par un fourgon, la forte hausse de la prime d’activité, la problématique du 80 ou 90 km/h, ainsi que le conflit opposant les Etats-Unis et la Chine vers une éventuelle guerre des monnaies.

Notre Présidente a exprimé un « soutien massif » aux maires, ce élus locaux se distinguant par leur proximité avec la population tout en présentant ses sincères condoléances à la famille et aux proches du maire de signe, décédé le lundi 5 août renversé par un fourgon. Elle évoque également le fait que ce cas n’est pas un cas isolé, et qualifie ces maires de « maires courages ».

Elle intervient également au sujet de la prime d’activité en forte hausse et tient à remercier sincèrement Emmanuel Macron d’avoir entendu les Gilets Jaunes. Selon elle, ils ont « ouvert un champ dans lequel on va pouvoir peut-être imaginer, avec la transformation du CESE, un organe où on fera de la concertation au plus proche des territoires ».

Au sujet de la problématique que soulève le gouvernement autour des limitations de vitesse, elle affirme que celle-ci vient du fait que cette décision a été prise sans concertation.

Enfin, elle s’exprime également sur une éventuelle guerre des monnaies entre les Etats-Unis et la Chine en se réjouissant que la France fasse partie intégrante de l’Union Européenne, se préservant ainsi d’un éventuel conflit face à un « géant américain ».

Retrouvez l’intervention d’Aurélie Gros en intégralité, en version téléchargeable sur https://wetransfer.com/downloads/1faab10cd89a690c693702d19f1a543520190806145323/018fc630e18d684c85587437fa0d3ff920190806145323/495d1a

 

TRIBUNE DE RODOLPHE PESCE SUR LE RAPPORT « CITOYENS, VRAIMENT ! »

La demande d’information, d’écoute, de participation est forte aujourd’hui. Mais, on n’est ni en 68, ni dans les années 80. Lorsque des décisions seront prises, pour les mettre en œuvre, il faudra tenir compte des évolutions de la société et des transformations de l’économie avec les bouleversements qu’elle comporte.

 

Dans l’évolution de la société, sept points me semblent devoir être relevés :

La montée de l’individualisme : Il n’a jamais été aussi fort. Le « je » relègue assez loin le « nous ». Il est évident qu’il y a des engagements très positifs dans les milieux associatifs, syndicaux et politiques mais dans la population il est en fort développement.

La dégradation du « vivre ensemble ». Dans la société actuelle, les gens se sentent de plus en plus isolés, ayant peu de contacts avec leur environnement, le développement du numérique aggravant la situation. Le succès des gilets jaunes et surtout de leur continuité s’explique en partie pour cela. Des personnes en difficultés et isolées ont retrouvés là des rapports humains et de la convivialité. Exemple : Une jeune femme de ménage, vivant seule dans un mini logement, a découvert le vivre ensemble avec les gilets jaunes et a passé le réveillon du jour de l’an sur un rond-point : ce fut pour elle extraordinaire.

La montée de la violence : C’est un phénomène dont les médias et les politiques ne parlent peu, sauf pour celles faites aux femmes. Je n’évoque pas ici la violence de la société mais la violence des gens. Lecteur assidu du Dauphiné Libéré, je constate pour la Drôme-Ardèche, une montée inquiétante depuis une dizaine d’année des disputes et des conflits de voisinages ou familiaux : pas seulement verbaux, mais de plus en plus violents, accompagnés d’agressions physiques, parfois avec couteau ou arme. Sans oublier les viols avec violence, accomplis par des gens du village qui n’avaient pas d’antécédents judiciaires.

La crise des corps intermédiaires : Elle touche en particulier les syndicats mais aussi une partie de la vie associative. Le pouvoir politique ne peut en être tenu responsable. Il faut que chacun tienne compte des erreurs commises, de l’évolution de la société, des priorités des français. Et ne pas avoir peur de remettre en cause leur fonctionnement, leurs priorités pour retrouver leur force de contestation, de proposition, voire de gestion. Il ne faut pas opposer « corps intermédiaire » et « démocratie participative », mais trouver leur complémentarité, car les deux sont essentielles pour une véritable démocratie.

La crise du politique : Je ne développerai pas ce point. Mais sans une véritable remise en cause de leur fonctionnement, de leur priorité…ils ne pourront jouer leurs rôles et ce n’est pas la démocratie participative qui pourra les supplier.

La surévaluation du rôle de l’Etat : Les revendications des gilets jaunes étaient avant tout faites à l’Etat. Or, l’Etat ne peut pas tout. Jadis, lorsque la CGT voulait une augmentation des salaires, elle attaquait le patronat. Aujourd’hui, on revendique sur quel que soit le sujet contre l’Etat. Cela vient en grande partie des partis politiques qui, lorsqu’ils sont dans l’opposition accusent le gouvernement de tout ce qui va mal. Les oppositions de droite, puis de gauche tiennent le même discours. On ne pourra avoir un vrai débat démocratique et efficace si on ne replace pas tous les acteurs à leur véritable rôle et pouvoir.

Les oubliés des débats actuels : – Les gilets jaunes représentants les personnes habitants plus ou moins loin des villes centre, nous ont fait oublier que les plus pauvres et la majorité des chômeurs étaient dans les villes. Dans ma région, la majorité des chômeurs et des gens en difficultés sont à Valence où il y a plus de 22 % de logements sociaux qu’à la périphérie où il n’y a pas réellement de HLM. Donc, on ne parle plus dans les médias des chômeurs ou des quartiers difficiles.

Durant des décennies, les travailleurs pauvres étaient les ouvriers. Aujourd’hui, ils ne se trouvent pas dans les entreprises mais dans de petites PME, dans l’aide à domicile, dans le nettoyage des bureaux, des usines. Et personne ne les défend.

L’évolution de l’Economie :

La nouvelle révolution économique et industrielle qui s’annonce va avoir des conséquences considérables sur l’emploi, le mode de vie et les relations sociales. Deux chantiers importants parmi d’autre :

  • La révolution numérique et à un moindre degré l’intelligence artificielle, sont surtout pour le premier détruire beaucoup d’emplois et en créer dans d’autres secteurs, posant de nombreux problèmes de formation, de reconversion, de rythme de vie, parfois…
  • L’exigence écologique fera de même : par exemple le passage de la voiture actuelle à la voiture électrique est une véritable révolution : Il faut beaucoup moins de personnes pour construire la nouvelle que l’ancienne et les techniques sont différentes. C’est un exemple parmi bien d’autres.

 

Comment gérer toutes ces évolutions inévitables et indispensables ? Quelle est la place de la démocratie participative dans cette révolution ? 

Ces quelques réflexions sur le « contexte » ne sont que des pistes d’interrogations et de travail. Presque tout est à inventer et construire. Mais on ne peut réussir sans une forte et participative information des citoyens.

 

Rodolphe Pesce, le 17 mars 2019

 

*Rodolphe Pesce est ancien dirigeant national de l’UNEF pendant ses études supérieures à l’Université d’Aix-Marseille, il est nommé professeur de mathématiques à Valence et devient secrétaire départemental du SNES et un des animateurs de la grève de Mai 1968 dans la Drôme.

Rodolphe Pesce est élu Premier secrétaire de la fédération de la Drôme du PS de 1971 à 1973 puis conseiller général de la Drôme, de 1973 à 1979 et de 1985 à 1994. Il est maire de Valence de 1977 à 1995, député à l’Assemblée Nationale de 1978 à 1988, proche de Pierre Mauroy, il est nommé président de la commission nationale pour le développement social des quartiers de 1984 à 1986.

Rodolphe Pesce a été président du conseil général de la Drôme de 1985 à 1992 et chargé de mission auprès des ministres des affaires sociales Martine Aubry et Élisabeth Guigou de 1997 à 2002.

Rodolphe Pesce est officier de la Légion d’Honneur, depuis le 1er janvier 2013, et de l’Ordre National du Mérite.

 

APPEL : DEVENEZ LES VIGIES DE L’INCLUSION

Devenons ensemble des citoyens acteurs de nos idées !

Notre  mouvement citoyen a décidé de lancer une procédure exceptionnelle :

« LES VIGIES DE L’INCLUSION ».

A partir de la rentrée 2019, grâce au relais de nos antennes départementales et au partenariat d’associations mobilisées dans le secteur, des élèves, des parents, mais aussi des enseignants, vont devenir de véritables vigies de l’inclusion. Leur mission : enregistrer les changements de pratiques ou d’état d’esprit et l’évolution de certains aspects les plus significatifs pour la mise en œuvre concrète d’une politique publique.

Nous avons besoin de vous, de votre vigilance, de témoins, pour donner un plus grand souffle à la mise en oeuvre de la politique nationale de scolarisation des enfants handicapés, « l’école inclusive » pour reprendre le terme officiel, partout en France, afin d’évaluer en temps réel la réalité de la politique du gouvernement. Ceci est l’objet de notre appel.

Citoyens, je vous appelle donc à vous mobiliser autour de ce projet afin de devenir les vigies de l’inclusion scolaire.

Donc au travail, mais Vraiment !

CITOYENS VRAIMENT ! Invitons les citoyens à la table du gouvernement

décorative

C’est la proposition forte que j’ai faite au président de la République au nom de La France Vraiment, car il est grand temps de consacrer la maturité politique de nos concitoyens.

L’élection présidentielle instaure une relation quasi personnelle avec le peuple, il est donc difficile d’admettre qu’aucune place ne lui soit faite pour s’exprimer directement dans le débat public tout au long du quinquennat.

Ce que nombre d’élus locaux pratiquent au quotidien, une forme souvent pragmatique de concertation, ce que nous vivons dans nos associations, ce qu’une partie de la jeunesse vit au sein de collectifs où l’élaboration de la décision a changé, toutes ces pratiques n’ont pas trouvé de transpositions efficaces dans la conduite de la politique nationale, régionale ou même européenne. Une chose est certaine, aujourd’hui les citoyens ne s’y retrouvent pas. A la crise de confiance actuelle, nous devons donc amener une réponse forte institutionnelle et pragmatique, pour mieux asseoir notre démocratie entre représentation et participation.

Je fais en ce sens trois propositions pour instaurer ce que j’appelle un « Ministère des citoyens »

Tout d’abord, il nous faut consacrer le rôle du citoyen dans la décision publique avec la constitutionnalisation du « Pouvoir d’amendement du citoyen » avant l’adoption d’un texte national et régional.

Pour ce faire, plusieurs outils de concertation et de participation pourraient être mobilisés lors de l’élaboration d’une loi ou d’un texte, en amont des débats dans les assemblées : plateforme numérique de vulgarisation des textes, système de concertation « votative » sur différents volets du projet, informations sur les positions des partis et des principales ONG sur les textes en élaboration, etc. Le résultat de cette phase de concertation serait obligatoirement présenté lors du conseil des ministres au même titre que l’analyse des services compétents. Ce pouvoir dit d’amendement ne serait pas utilisé dans le sens juridique qu’on lui connaît habituellement. Il prendrait la forme d’une communication officielle des propositions des citoyens diffusés au moment du vote des textes par les élus. Les « cahiers de la concertation » seraient donc obligatoirement annexés au texte présenté au vote, donc à la presse et rendu public, puis au texte officiellement adopté. Cette évolution devrait être traduite dans la Constitution

Ensuite, il me semble impératif d’adapter la démocratie aux évolutions de la société en créant des droits et des devoirs pour les élus et les citoyens, notamment en instituant un référendum d’initiative populaire – un nouveau droit- associé au vote rendu obligatoire – un nouveau devoir.

Lors des nombreuses réunions que nous avons tenues, c’est un référendum sur le modèle suisse qui s’est imposé, plutôt que le RIC. Au rythme de 4 à 5 questions posées par an sous une forme encore à inventer, il serait ainsi mieux tenu compte de l’accélération du temps démocratique et des moyens qu’offrent les plateformes numériques pour proposer une information de qualité. Mais ce nouveau droit, parce qu’il permettrait de toucher à tous les sujets de la vie de la Nation, ne peut s’exercer si dans le même temps les citoyens se détournent du vote qui constitue leur premier droit démocratique. Il doit devenir leur premier devoir. Nous proposons donc dans ce cadre précis de rendre le vote obligatoire et de prendre enfin en compte le vote blanc.

De la même façon que nous entendons proposer une architecture de droits et devoirs pour le citoyen, nous proposons d’exiger des élus qu’ils rendent des comptes. Il est incompréhensible pour l’électeur de ne pas connaître chaque année leur bilan, en particulier des élus nationaux. Il s’agirait donc de mettre en place des « quitus » obligatoires mettant en parallèle l’ensemble des engagements pris par le candidat et les réalisations concrètes. Ainsi en créant ce devoir nouveau pour les élus, il serait consacré ce qui à bien des égards est vécu comme un droit : l’absence de mandat impératif, préservant leur liberté de conscience.

Enfin, je propose de renforcer le représentatif par le participatif avec la création d’un organisme chargé d’assurer la concertation tout au long du mandat du président de la République

Il est urgent d’instaurer un nouveau mode de travail prenant en compte les propositions des citoyens avec des méthodes adaptées à la concertation de terrain. Nous proposons une refonte globale : faire du Conseil économique et social la clé de voute d’un nouveau système de démocratie participative, la disparition de la CNDP, dont la valeur ajoutée pour le débat dans le pays n’a pas été démontrée et enfin la valorisation du réseau territorial que constituent les CESER.

Nous souhaitons également que les moyens du Sénat dans son rôle de contre-pouvoir soient renforcés et proposons qu’il se dote de mécanismes de démocratie participative en y associant davantage les citoyens: constituer un collège de Français tirés au sort, pour une meilleure représentativité, pour une durée d’un an et associés aux travaux du Sénat, mission de contrôle, questions au gouvernement, ordre du jour de l’examen des textes etc. Ce mode de fonctionnement offrirait une meilleure garantie d’indépendance par l’instauration de critères de revenu et d’âge dans les désignations et les tirages au sort, plutôt que le recours aux pétitions

Au total, la mise en synergie de l’ensemble (avec des économies d’échelle non négligeables) permettrait de créer la structure de concertation citoyenne tant attendue, véritable « bras armé » pour mesurer l’impact des politiques publiques dans la vie quotidienne, avant leur adoption en associant ainsi les citoyens à la décision publique et en développant des programmes d’information et de formation dès l’Ecole.

Reconnaître le pouvoir du citoyen dans la décision publique, instaurer plus clairement droits et devoirs pour les citoyens et les élus, doter notre République de moyens pour assurer une concertation permanente, rénover les Assemblées. C’est ainsi que nous avancerons concrètement sur la voie de la représentativité réelle, sans mettre à bas notre démocratie représentative, ni en péril nos institutions, mais en installant symboliquement et concrètement le citoyen à la « table de la décision publique ».
C’est tout cela le ministère des Citoyens.

Aurélie GROS, Conseillère régionale Ile-de-France, vice-présidente de L’Essonne, Présidente du mouvement La France Vraiment

Un « ministère des citoyens » pour faire perdurer le grand débat?

Tribune d’aurélie GROS dans le magasine « Paris Match »

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