Pour une agriculture au cœur du projet français, vraiment !

Se rendre au salon de l’agriculture ce n’est pas tant sacrifier à un rituel politicomédiatique bien français (et à son cortège de polémiques stériles) c’est avant tout plonger au cœur de ce qui fait l’un de nos savoir-faire les plus reconnus: une qualité de nos produits réputée mondialement, des indications d’origine protégées enviées, une alimentation et une gastronomie de premier plan et au final une France remarquable par la beauté de ses paysages.

C’est pourquoi, en particulier lorsque nous nous réjouissons des excellents résultats de notre tourisme et du rayonnement de la France, il est plus que jamais nécessaire de rendre un hommage appuyé aux producteurs de l’ensemble des branches de l’agriculture française.
Et à tous ceux qui au travers des différentes filières de valorisation, agroalimentaire, agritouristique, éco industrielle etc., ici en métropole ou dans les territoires ultramarins, font notre fierté.
Plus que jamais merci à vous tous.

Passé ce constat partagé je crois, le tableau, hélas, est loin d’être aussi idyllique et c’est le message que je retiens de mes journées consacrées au SIA: la qualité de notre agriculture n’est pas payée au juste prix, nous ne pouvons et devons accepter durablement cette situation, elle met en péril ce qui doit être, encore et pour longtemps, considéré comme un des meilleurs atouts de notre pays.
Gouvernement et organisations représentatives sont au travail depuis plusieurs semaines, le président de la République s’est exprimé avec force, mais l’accord de tous tarde à se concrétiser.

Il y a donc urgence à ce que chacun prenne ses responsabilités.
À commencer par les grandes enseignes commerciales afin de rééquilibrer la donne entre les producteurs et les distributeurs dans une économie mondialisée certes mais qui progressivement se doit de privilégier les circuits courts et de respecter la diversité des terroirs.
D’un autre côté les acteurs de l’éducation, les collectivités territoriales et nous agissons en ce sens, se doivent de sensibiliser les consommateurs à payer le juste prix pour une nourriture de qualité. Pour prendre ce chemin nous aidons en Île de France à développer les cultures bio comme une spécialité de la « Marque agricole France », basées sur un niveau d’exigence exceptionnel et qui progressivement tirent la certification bio à l’échelle européenne vers le haut.
Comme dans le secteur culturel ou du numérique, le monde agricole français a tout intérêt pour gagner des parts de marché à l’intérieur comme à l’international à miser sur la qualité: le consommateur moderne est maintenant prêt à refuser la massification des produits et privilégier l’adaptation au goût individuel.

Le pays de la gastronomie ne pourra se maintenir durablement à la place de Numero Un sans une production agricole à haute valeur ajoutée.
C’est cela aussi l’exception française !

Aurélie GROS
Présidente de La France Vraiment